Gestion de Crise : Pourquoi on ne peut plus se permettre l'improvisation ?
La pandémie de COVID-19 a laissé une cicatrice indélébile dans notre système de santé. Mais au-delà du souvenir, elle a surtout mis en lumière une réalité brutale : le maillage territorial est le premier rempart face à l'incertitude.
Que ce soit une épidémie, une canicule extrême, un accident industriel ou une cyberattaque paralysant un hôpital voisin, les structures d’exercice coordonné (MSP et CPTS) sont désormais en première ligne pour organiser l'offre de soins et organiser voire limiter l'impact de la demande sur les professionnels de santé de premier recours. Comment élaborer une réponse "robuste" ?
1. Passer du mode "Réaction" au mode "Résilience"
En période de crise, le temps est votre ressource la plus précieuse. Sans protocole pré-établi, 80 % de l'énergie est consommée par l'organisation logistique (qui fait quoi ? comment on communique ?) au lieu d'être dédiée au pilotage de la crise.
• L'enjeu : Transformer le chaos en flux géré.
• La solution : Un Plan de Gestion de Crise actualisé, qui définit des rôles clairs avant que l'événement ne survienne.
2. La force du collectif
Une MSP ou une CPTS dispose d'une qualité unique : la pluriprofessionalité. En cas de situation sanitaire exceptionnelle (SSE), la capacité à réorganiser les agendas, à créer des circuits "propres/sales" ou à mutualiser les stocks d'équipements de protection individuels (EPI) repose sur la qualité de votre coordination interprofessionnelle.
• Le saviez-vous ? Une structure préparée réduit son temps de réponse opérationnel de près de 50% par rapport à une équipe qui improvise.
3. Communication : Éviter l'infodémie
Lors d'une crise, le manque d'information crée la panique, mais le trop-plein d'information crée la paralysie. Une réponse robuste implique :
- Un canal de communication unique (ex: boucle sécurisée, application dédiée).
- Un référent identifié pour l'interface avec l'ARS, la préfecture et les hôpitaux du territoire.
Les 3 piliers d'une réponse robuste en CPTS et MSP :
- Anticipation : Réaliser un inventaire des compétences et des ressources logistiques une fois par an.
- Formation : Organiser un exercice de simulation (même court) pour tester les circuits d'alerte.
- Interopérabilité : S'assurer que vos outils de partage de données fonctionnent en mode dégradé, par exemple en cas de coupure d'électricité.
Etre "robuste", ce n'est pas avoir réponse à tout, c'est avoir une structure assez flexible et solidaire pour absorber le choc sans rompre.
Investir du temps aujourd'hui dans votre organisation de crise, c'est garantir la sécurité de vos patients et la santé mentale de vos équipes demain.
